Son corps si frêle ne tiens plus, son esprit si faible a tout laisser tomber. Las de toutes ces tribulations, elle se laisse aller à des choses qui lui font tant de mal et de bien à la fois. Elle s'emporte et plâne, seule, aiguille à la main. Un instant seulement elle peut paraître seule maîtresse de son destin et choisir, voir et imaginer sa vie. Puis viennent les spasmes et les trembelements. Fini alors le bien, il laisse place à tout ce qui la torture, le manque d'amour, d'amis et de crack. Elle en viens même à se dire qu'elle ne sait plus se qui lui manque le plus. Par terre, le long d'un mur décrepit, sur un trottoir souillé par les excréments canins, les mégots et les empreintes humaines, elle est de plus en plus seule. Les gens passent et ne la regardent pas. Elle est maigre car elle ne mange pas, pourtant, tout est en ébullition à l'interieur, son esprti fonctionne, malgré le fait qu'il soit dirigé par cette merde qu'elle hait autant qu'elle l'idolatre. Personne ne s'en rend compte. Elle voudrais crier qu'elle a besoin de quelqu'un, mais elle ne peut pas, il a pris le contrôle sur elle, et elle ne crie que pour mendier de l'argent, pour pouvoir essayer de s'acheter sa dose sans faire le tapin. En vain. Une vie libérée ... c'est ce qu'elle voulait mais de merdes en merdes elle n'en est arrivée que là. Elle sait que son petit manège durera encore un certain moment, jusqu'au jour où un passant passera près d'elle, la découvrira sous la pluie, sur le sol, immobile. Alors seulement il se dira qu'elle était pourtant mignonne, et qu'elle ne méritait pas de finir ainsi. Elle le sait, mais elle n'y peut plus rien.
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